
Dans ce cadre, un atelier au nom évocateur avait lieu le 6 juillet après-midi : « controverses sociales et scientifiques : la téléphonie mobile », animée par Jack Stilgoe, conseiller senior au centre de sciences politique de la société Royale UK.
Intervenant durant cet atelier, Martine Hours, médecin épidémiologiste, présidente du comité scientifique de la fondation santé et radiofréquence a particulièrement insisté durant son intervention sur le rôle de la Fondation dans la mise en place des conditions d’un dialogue transparent et indépendant avec tous les intervenants du dossier et en particulier les associations. Elle a ensuite informé les personnes présentes de la disparition programmée d’ici à 6 mois de la fondation. Restant assez énigmatique sur les raisons.
Trop indépendante la fondation risque de disparaître
Répondant à une question de Marc Arazi, coordinateur Régional Ile de France de Priartem, lui demandant très directement, s’il y avait un rapprochement à faire entre les efforts de transparence et d’indépendance face aux opérateurs et sa possible disparition, Martine Hours a répondu clairement qu’elle le supposait et qu’elle y voyait un lien de causalité.
« Voilà une réponse claire et directe et je vous en remercie » lui a répondu Marc Arazi, tout surpris .
Le conseil scientifique de la fondation prêt à une démission collective
Mais en fait c’est un vent de révolte qui gronde au sein du conseil scientifique de la fondation qui, dans un communiqué daté du 6 juillet 2009, annonce sa volonté de démissionner collectivement si l’Etat ne décidait pas de la mise en place d’une instance spécifique en charge de la gouvernance de la recherche sur cet aspect. Le conseil scientifique considère, en effet, qu’aujourd’hui l’engagement de l’Etat dans l’effort de recherche n’est plus assuré et que les progrès qui ont été réalisés par la Fondation sur le terrain du dialogue entre les scientifiques et la société civile vont être remis en cause.
Priartem prête à reconnaître les efforts en matière d’indépendance de la fondation
Priartem n’a jamais été favorable à la structure de la Fondation telle qu’elle existe aujourd’hui parce qu’elle permettait aux opérateurs d’être à la fois promoteurs et évaluateurs des recherches. Il se trouve que les précédents combats que nous avons menés sur l’expertise ayant porté leurs fruits, le conseil scientifique s’est voulu plus vertueux que ne l’avaient été les groupes d’experts précédemment constitués. Plus vertueux signifie qu’ils ont tenu à garder une posture scientifique et à défendre cette posture scientifique devant l’ensemble des protagonistes du dossier aussi bien les opérateurs que les représentants du mouvement associatif. Les débats ont donc souvent été difficiles, rugeux mais le dialogue n’a jamais été rompu. Surtout il a permis d’avancer. Souvenons-nous du communiqué lancé le 19 décembre 2007 à propos de la commercialisation des portables pour enfants. Ce communiqué qui affirmait l’inquiétude du Conseil scientifique face à la commercialisation de ce type de produit a obligé le Ministère de la santé à s’exprimer pour la première fois sur la nécessité d’appliquer le principe de précaution (communiqué de la DGS du 2 janvier 2008). On ne peut s’empêcher de penser que cet événement a marqué le début de la disgrâce qui frappe aujourd’hui la Fondation et la condamne sans appel ?
Priartem souhaite le maintien d’une instance spécifique et demande que son indépendance scientifique soit garantie
Pour les opérateurs et ceux qui les soutiennent si vous n’êtes pas aveuglément avec eux, vous êtes contre eux. Or le conseil scientifique avait décidé de ne pas être aveugle. Il l’a encore marqué lorsqu’il a accepté d’évaluer, à la demande de Priartem, les protocoles d’enquête des études épidémiologiques menées à Naila, d’une part, en Autriche d’autre part. Citons encore la proposition d’ouvrir les débats scientifiques lors des journées de colloque organisées par la Fondation.
Tout n’était pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais tout était beaucoup mieux que ce qui s’était passé auparavant et montrait que le dialogue ouvert entre associations citoyennes et scientifiques était possible. C’est ce dialogue que nous voudrions voir perdurer dans une structure plus indépendante des opérateurs, c’est ce dialogue que d’autres veulent voir rompu.
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